En 1858, le gouvernement lève les restrictions sur le nombre d'artistes dans les spectacles, et Offenbach est enfin en mesure de présenter des travaux plus ambitieux. Sa première opérette, Orphée aux Enfers, est présentée en octobre 1858. Offenbach, comme d'habitude, dépense largement pour la production, avec des décors de Gustave Doré, des costumes somptueux, un casting de vingt protagonistes, un grand chœur et un orchestre.
La troupe est particulièrement à court d'argent à la suite d'une mauvaise saison à Berlin. Il est urgent d'obtenir un grand succès pour rémunérer les comédiens. Au début, la production est destinée à être un succès modeste. Une critique outragée de Jules Janin, le critique du Journal des Débats, fustige l'opérette pour profanation et irrévérence (ostensiblement à la mythologie romaine, mais en réalité à Napoléon et à son gouvernement, considérés comme les cibles de sa satire). Offenbach et son librettiste Hector Crémieux s'emparent de cette publicité gratuite et participent à un débat public animé dans les colonnes du quotidien parisien Le Figaro. L'indignation de Janin rend le public impatient de voir la pièce. Les recettes sont prodigieuses. Parmi ceux qui voulaient voir la satire de l'empereur, il y avait l'empereur lui-même, qui réserve une représentation en avril 1860. Malgré de nombreux succès pendant le reste de la carrière d'Offenbach, Orphée aux Enfers reste le plus populaire. Les raisons de son succès sont les valses qui rappellent Vienne mais avec une nouvelle saveur française, les chansons similaires aux patter songs, largement pratiqués par Gilbert et Sullivan Patter song (en), et par-dessus tout le cancan final.
En 1859, les Bouffes-Parisiens présentent de nouvelles œuvres de Flotow, Jules Erlanger, Alphonse Varney, Léo Delibes et Offenbach lui-même. Parmi les nouvelles pièces d'Offenbach, Geneviève de Brabant est la plus populaire.
(Source : Wikipedia)